Saitis barbipes (Simon, 1868)

Cette espèce est vraiment extraordinaire à plusieurs niveaux. Le mâle typique de l’espèce présenté ici est orné de couleurs vives rouges orangée, blanches et noires et d’une morphologie étonnante avec sa troisième paire de pattes hypertrophiée. Les soies deviennent particulièrement denses et longues sur les segments de la troisième paire de pattes. Cette caractéristique lui a d’ailleurs valu son nom d’espèce puisque le terme latin arbipes signifie pied barbu. Les autres pattes ont une coloration beige à gris clair légèrement transparente et striée finement de noir. Les yeux des mâles sont verts brillants et reflètent l’environnement. La taille adulte du mâle se situe à environ 4 mm tandis que la femelle peut atteindre 5 à 6 mm.

Quant à la femelle, elle se distingue sans commune mesure avec le mâle. La teinte générale est brun-fauve et l’abdomen est orné de petites taches sombres. Quelques soies rousses entourent les yeux.

L’espèce est particulièrement singulière en Europe et se distingue facilement à l’œil nu. Seule la femelle et les juvéniles peuvent poser un peu plus de difficulté pour l’identification. Cette dernière ressemble beaucoup à la femelle Euophrys frontalis mais se distingue tout de même grâce à la « cravate » située à l’arrière du céphalothorax (zone plus claire bordée d’une bande noirâtre) et l’absence de bordure noire sur le bord latéral postérieur du céphalothorax.

La répartition géographique de cette araignée s’étend sur la moitié sud de l’Europe. En France, cette espèce méridionale remonte le long de la façade atlantique. Elle est très commune dans les Pays de la Loire où je l’observe régulièrement (44, 85, 49). Elle est aussi bien implantée en région parisienne et Bretagne.

L’espèce fréquente de nombreux habitats et on peut parfois les trouver dans les jardins, maisons, lisières de forêts, dunes boisées. Les femelles se tiennent souvent dans la litière forestière où leur motif est un parfait camouflage dans les feuilles marron tombées au sol. Les mâles sont beaucoup plus mobiles et peuvent se rencontrer partout y compris sur vos tables et chaises de jardin !

Les attraits physiologiques du mâle servent à séduire les femelles. Eh oui, ce n’est pas une blague ! Les salticidés de façon générale ont élaboré des parades nuptiales basées sur des codes de couleurs, de danses et parfois sonores qui permettent au mâle de s’approcher de la femelle sans être pris pour une proie. Rappelons que l’espèce est une chasseuse à vue hors pair et qu’il faut donc user de « charmes » pour ne pas se faire dévorer. Malgré tout, les femelles ne sont pas toujours réceptives.

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