Cette crevette aux colorations et motifs variés est originaire d’Europe et d’Afrique du Nord. On la rencontre dans nos rivières et canaux sur pratiquement tout le territoire métropolitain ainsi qu’en Corse. Elle préfère les eaux calmes. Les populations remontent de plus en plus vers le Nord profitant des voies navigables ouvertes. Ce n’est pas une information de première fraicheur car l’espèce à été identifiée et décrite à partir de sujet collecté en Anjou par Millet en 1831 et inventoriée pour la première fois aux Pays Bas en 1915. La crevette se tient généralement en colonie au bord des rives dans les herbiers. Détritivore, elle passe une grande partie de son temps à collecter sa nourriture sur la végétation, les bois et les rochers immergées grâce aux petites pinces ornées de pinceaux de soie de la première paire de péréiopodes. Elle atteint une taille d’environ 3 cm ce qui la classe parmi les espèces les plus grandes dans la sous-famille des Caridinae.

La morphologie générale rappelle les crevettes asiatiques du genre Caridina mais le genre est ici bien différent. Seule une étude morphologique permet de séparer les genres. Le rostre fortement dentelé est robuste tout comme les scaphocérites qui peuvent eux-mêmes dépasser la longueur du rostre.

Cette espèce est tout aussi fascinante à observer et à maintenir en aquarium. De plus, sa belle taille et sa diversité de couleurs en font un excellent sujet photographique. Cependant, l’espèce est sensible aux températures élevées notamment durant la période estivale. Il est aussi recommandé de se renseigner auprès des gardes de pêches locaux si vous pouvez la prélever. L’espèce est invasive mais elle n’est pas classée parmi les espèces destructrices et interdites de transport vivant comme peut l’être l’écrevisse de Louisiane Procambarus clarkii qui elle, rappelons-le, est fortement nuisible et interdite de transport vivant. L’impact écologique d’Atyaephyra desmaresti est certainement négligeable même si elle doit être une concurrence pour d’autres micro-organismes aquatiques, celle-ci fait partie de la chaine alimentaire et doit se retrouver au menu de nombreuses espèces (oiseaux, poissons, larves carnivores). Cependant, il serait intéressant de savoir si des études peuvent évaluer l’impact que génère sa migration.

Pour espérer, obtenir une reproduction en aquarium il faudra veiller à mettre plusieurs mâles et femelles dans l’aquarium. La reproduction est de type indirect. La femelle incube près de 1500 œufs. L’éclosion a lieu entre 20 et 30 jours et donne naissance à des larves pélagiques qui auront huit stades d’évolution avant de ressembler aux parents. Certains éleveurs évoquent la nécessité de réaliser une période de repos hivernale en baissant la température de l’eau pour simuler les saisons ceci pour que l’espèce puisse se reproduire de nouveau l’année suivante.

La forte variabilité de couleurs est particulièrement intéressante pour l’œil du photographe et de l’observateur aquariophile. Cette variabilité peut varier légèrement d’un habitat à un autre mais n’est pas nécessairement conditionnée par cet unique facteur car sur le même coup d’épuisette, il est possible d’observer déjà trois à quatre colorations types.

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